samedi, 29 décembre 2007

La Chanson du dimanche

La Chanson du dimanche est un blog bourré d'humour qui propose des chansons à chanter le dimanche. Original, non? La deuxième saison s'achève sur une chanson"brésilienne", La Marulanda, dansez et visitez le site (ici).
Passez un bon Réveillon!

mercredi, 25 octobre 2006

Bemestar e estarbem


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Début octobre Marisa est à Paris et moi aussi. Arrivée le samedi matin, je me rends à l'hôtel et me retrouve dans une chambre pourrie dont le bidet fait des glous-glous inquietants (et je ne parle que de ça...).
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 Un temps magnifique, une douceur qui se prête à la promenade. Paris est une ville magnifique, je passe mon après-midi à me balader en charmante compagnie, celle d'un ami venu, lui aussi, pour voir Marisa.
Le soir, le concert tant attendu. Je m'attends à une foule, à de la bousculade, mais non les gens, pour la plupart des Brésiliens, entrent bien sagement à l'intérieur du Grand Rex. Distribution de rubans orange non pas do Senhor do Bonfim mais écrit dessus Bemestar Estarbem (bien-être, être bien), de la seule maison brésiliennne de cosmétiques, Natura. Parlons de la salle... Grande, très grande, trop grande à mon goût. Une déco d'inspiration arabe et grecque, kitsch à souhait, une voûte céleste au-dessus de nos têtes. Deux parties, le balcon et la fosse. Des places numérotées et nous là-haut. Un peu d'attente mais je ne vois pas le temps passer, mon ami et moi avons toujours un sujet de conversation intéressant et j'apprends beaucoup de chose sur le Brésil. Arrivée de Marisa. Toute petite... J'aurais dû emprunter des jumelles, pour mieux la voir, tant pis. Marisa est magnifique, elle chante essentiellement des chansons de ses deux derniers albums (universo ao meu redor et Infinito particular) ainsi que de son album rose (Verde anil amarelo cor de rosa e carvão). La voix est cristalline, les musiciens excellents, oui c'est un très bon concert. Pourtant, je ne suis pas entièrement satisfaite et rien à voir avec Marisa mais avec la configuration de la salle. Elle est trop grande, nous sommes prisonniers d'un siège, impossible de se lever, de se rapprocher, une armée d'ouvreuses est postée un peu partout. Je n'essaie même pas. Le public est conquis et applaudit mais ne bouge pas. Dernière chanson: Ja sei namorar (des Tribalistas). Enfin la salle explose, les drapeaux brésiliens s'agitent, quelques personnes osent enfin descendre dans l'arène. Mais trop tard, c'était sa dernière chanson. Pour avoir eu la chance d'assister, à une certaine époque, à des concerts dans de petites structures, je suis à chaque fois déçue. Aujourd'hui presque tous les concerts se jouent dans des salles immenses où la communication avec l'artiste est lointaine, très souvent à travers des écrans. Autant acheter un dvd... Mais je ne regrette rien, même de loin Marisa mérite le déplacement.
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 Après quelques suchis je rentre à l'hôtel. Nuit horrible ponctuée de glous-glous. Le lendemain, le temps est toujours aussi beau, et ça vaut bien une balade sur les bords de Seine. En route je fais l'acquisition d'un cd de Cassia Eller (Veneno antimonotonia, Cassia chante Cazuza) pour la modique somme d'un euro! Dire qu'il est si difficile de trouver ses musiques dans le commerce... Les bords de Seine sont très fréquentés: les Parisiens en roller, skate, vélo ou à pied se délassent. L'après-midi, je retrouve Gil, une amie brésilienne devenue parisienne. En fin d'après-midi je quitte mes amis et prends mon train vers ma ville, plus calme et tout aussi belle. We à refaire.

Clip de Marisa



 

jeudi, 09 mars 2006

Bourbon ou pastis?

Pour revenir aux variations des goûts selon les conditions sociales, je n'apprendrai rien à personne en disant qu'on peut repérer aussi infailliblement la classe sociale d'appartenace ou, si l'on veut, la "classe" (au sens où on dit : " il a de la classe") à partir des musiques préférées (ou, plus simplement, des chaînes de radio écoutées) qu'à partir des apéritifs consommés, Pernod, Martini ou Whisky. Pourtant, l'enquête montre que l'on peut aller plus loin dans la description d'un goût "cultivé", d'un goût "populaire" et d'un goût "moyen" qui associe les plus "nobles" des productions populaires, par exemple, pour les chanteurs, Brel et Brassens, aux plus divulguées des oeuvres classiques, Valses de Strauss ou Boléro de Ravel (à chaque époque, des oeuvres "distinguées" tombent dans le "vulgaire" en se divulguant : l'exemple le plus typique est celui de l'Adagio d'Albinoni qui est passé en "moderne" ; on pourrait en dire autant de beaucoup d'oeuvres de Vivaldi).
Les différences les plus subtiles qui séparent les esthètes ou les amateurs à propos des oeuvres ou des interprètes du répertoire le plus reconnu renvoient, non pas (ou pas seulement) à des préférences ultimes et ineffables, mais à des différences dans le mode d'acquisition de la culture musicale, dans la forme des expériences originaires de la musique. (...)
Au principe de ce classement, de ce goût, il y a deux manières d'acquérir la culture musicale, associées à deux modes de consommation de la musique : d'un côté, la familiarité originaire avec la musique ; de l'autre, le goût passif et scolaire de l'amateur de microsillons.

Pierre Bourdieu, Questions de sociologie
(article "l'origine et l'évolution des espèces mélomanes")

Et c'est ainsi que "La lettre à Elise" (goût cultivé) est devenue populaire et que Charles Aznavour (goût moyen) est redevenu populaire depuis qu'il a fait la Star Ac! Alors, êtes-vous whisky ou pastis? Wagner ou Johnny? Fréquence Jazz, France Musique ou Fun Radio?