mardi, 13 mars 2007

Babylone

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Youpi, je suis de retour!! Enfin, je commençais à ne plus y croire. j'ai à nouveau internet (en bas débit, certes, pour commencer...) et un peu de temps à consacrer à mon blog. Donc c'est reparti comme en 14!
J'ai envie de vous parler d'un grand poète portugais contemporain, non pas de Fernando Pessoa, celui-là maintenant  est bien vivant puisque je viens d'assister à sa conférence dans laquelle il présentait son livre de poésie Babylone dont la traduction en français vient d'être éditée. Il s'agit de Manuel Alegre. Pour ceux qui connaissent un peu l'histoire du Portugal, le nom de Manuel Alegre ne doit pas leur est pas inconnu, il a en effet eut une part active dans la lutte contre la dictature de Salazar. Né en 1936 à Aveiro, Manuel Alegre fait des études de droit à l'université de Coimbra en 1956 et devient l'un des leaders du mouvement anti-salazariste. En 1962 il est mobilisé et part à la guerre en Angola (la guerre coloniale avait débuté en 1961). A l'origine d'un soulèvement militaire, il est arrêté par la PIDE (police politique) et est emprisonné 6 mois à Luanda. De retour à Coimbra, il est assigné à résidence et commence une lutte clandestine contre le régime. Suivent jusqu'en 1974 des années d'exil d'abord à Paris et ensuite à Alger où il sera l'animateur de la radio A voz da Liberdade. Il rentre au Portugal en mai 1974, les capitaines portugais ayant réussi leur coup d'état mettant ainsi fin à une guerre coloniale désastreuse. Durant toutes ces années il n'aura eu cesse d'écrire des poésies dont le recueil  O canto e as armas (1967) est un des plus connus. Avec la Révolution s'ouvre à lui une carrière politique : secrétaire d'état en 1976, vice-président de l'Assemblée Nationale en 1995, élu au conseil d'état en 1996, candidat aux dernières élections portugaises (il a fini deuxième devant le candidat Mario Soares!), il est aujourd'hui député à Bruxelles. Son oeuvre poétique est impressionante mais n'a écrit que deux romans : Jornada de Africa (1989) et Alma (1995). Inspiré par Camões, Antonio Nobre, Mario de Sa Carneiro, Fernando Pessoa, Sofia de Mello Breyner Andresen, Carlos Drummond de Andrade et Federico Garcia Lorca, Manuel de Andrade écrit une poésie marquée par le rythme de la mer. Dans Babylone (1983), le poète nous emmène à travers un parcours poétique dans sa quête du destin de l'Homme.

Extraits

...A force de consommer l'homme
s'est consumé. Et il n'y a plus de pièces
à mettre dans la machine pour échanger son âme.

In mezzo camin

Les chaises sont assises.
Elles seront toujours assises, les chaises.
Nous flottons brefs et en suspens,
petites histoires dans la longue histoire
des chaises où d'autres se sont assis.

Tu t'assois et tu penses.
Celui qui tu fus est l'ombre d'un enfant bleu
sur la chaise de l'enfance
et cette chaise où tu t'assois
n'est même pas ta place.
Tu es simplement de passage.
Mais les chaises restent elles sont juste rangées
elles rentrent toujours dans un petit espace
douce demeure et notre absence aussi.

Ballade de Lisbonne

A chaque coin de rue tu t'en vas
A chaque coin de rue je te vois
Voici la ville où se trouve
Ton nom écrit sur le quai
La ville où je dessine
Ton visage avec soleil et Tage. 

J'espère ne pas avoir fait un retour trop ennuyeux et vous allez me dire que ça manque de musique tout ça! Vrai donc pour finir voici Grandôla vila morena, chanson qui a lancé les militaires hors de leurs casernes au petit matin, le 25 avril 1974. Composée et chantée par José Afonso, une autre figure de la lutte contre le régime salazariste, elle est devenue LA chanson révolutionnaire portugaise. Até à proxima et promis je serai moins sérieuse!!

Références de Babylone : ici

En savoir plus sur : La révolution des oeillets - Salazar

 

samedi, 02 septembre 2006

Littérature de Cordel -2

Vous souvenez-vous de la note sur les Repentistas et la littérature de Cordel (voir ou revoir)? Voici un film d'animation
 d' Ítalo Cajueiro basé sur une histoire de cordel  de J. Borges, artiste populaire. Entièrement produit à partir des xilogravures originales de Borges, il raconte l'histoire d'un jeune homme qui  tombe amoureux d'une mystérieuse jeune fille durant le bal d'un carnaval du Nordeste. Durée : 11 mn.
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Voir le film 

(Pour changer la dimension de l'écran : clic droit en positionnant la souris dessus -> zoom)

dimanche, 02 avril 2006

Adriana et Mário

Fin de semaine calme :  expo, amis, musique et appartement propre(!). Dernières instants de paix avec Adriana Calcanhotto, chanteuse brésilienne de Porto Alegre. Adriana chante Mário de Sá Carneiro, grand poète et ami de Fernando Pessoa. Poète tourmenté. Poète que j'aime lire.

Pour en savoir plus sur Mário de Sá Carneiro :
Librairie-compagnie
Magazine-litteraire

Adriana reprend un de ses poèmes, O Outro (L'Autre) dans l'album Público. J'espère que vous aimerez...
O Outro
(2000)
Adriana Calcanhotto / Mário de Sá Carneiro

Eu não sou eu nem sou o outro,
Sou qualquer coisa de intermédio:
Pilar da ponte de tédio
Que vai de mim para o outro.



 


Site officiel 
Site avec extraits de chansons

samedi, 07 janvier 2006

A Cidade de Deus

Ecrivain et poète, Paulo Lins est né à Rio de Janeiro en 1960 et a grandi dans la Cité de Dieu, une des nombreuses favelas de Rio. Professeur, Paulo Lins enseigne le portugais dans un collège de Rio. Son livre, « La Cité de Dieu » sorti en 1997, raconte sur trois décennies l’histoire d’enfants de la favela pour qui le vol, le meurtre, le viol, le trafic de drogue sont des actes banalisés et anodins. Paulo Lins nous raconte leurs histoires avec froideur et distance, il n’épargne pas le lecteur et le met en état de choc. Pour avoir eu la chance de le rencontrer, je peux vous dire que c'est un homme simple, sympathique et charmant...

Le 9 octobre 2005, à l'occasion des Belles Latinas, Paulo Lins donnait une conférence Place Colbert , à la Croix-Rousse. Un peu avant la conférence, il rencontrait de jeunes brésiliens...
Court extrait
Fernando Meitrelle a adapté le livre à l'écran :
A Cidade de Deus

Le président brésilien Lula a encouragé ses concitoyens à aller voir le film pour que tous les Brésiliens puissent se faire une idée de ce qu'est la vie dans les favelas. C'est sans doute une des raisons pour lesquelles le film a eu tant de succès au Brésil. A Rio, seulement un demi-million de personnes vivent dans environ 650 favellas. Dans les bidonvilles de São Paulo, 5.421 personnes ont été tuées au cours de l'année 2002. Le président Lula veut résoudre ce problème. L'une des plus importantes mesures du gouvernement a été de reconnaître les favelas comme des quartiers à part entière. Cela ouvre des possibilités à l'enseignement et aux soins de santé. Mais à cause des économies imposées par le FMI, le ministère a dû réduire les budgets destinés au développement urbain. Seulement 1 à 2 % des habitants des favellas trempent dans l'une ou l'autre forme de criminalité, alors que dans le film, tout le monde se balade avec un revolver à la main. Mais cela n'enlève rien au fait que le livre et le film vous prenne directement à la gorge. «Les gens des bidonvilles veulent que nous comprenions d'où ils viennent, pourquoi ils se trouvent dans une situation désepérée et pourquoi ils cherchent leur salut dans le crime et la drogue», déclare Meirelles dans une interview. Mais tout de même que cela ne vous empêche pas d'aller visiter Rio, si vous n'affichez pas "votre richesse", il n'y a pas de raison d'avoir peur de vous promener. Adoptez les fameuses "Havaianas", elles sont très confortables. Et puis, au lieu d'arborer votre superbe chaîne en or, achetez un ces adorables colliers de graines d'açai qui sont vendus, le soir, sur le marché au bord de la plage de Copacabana! Adoptez la couleur locale et vous passerez inaperçu.