jeudi, 08 juin 2006

Chica, l'esclave qui devint reine -1

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Diamantina, état de Minas Gerais, 1770.
Depuis qu'elle a fait modifié la position de la tour de l'église baroque de Nossa Senhora do Carmo, Chica se réveille doucement sans être perturbée pas les cloches. Cette nuit-là, elle a rêvé que son mari partait pour le Portugal et n'en reviendrait pas. Mais ce n'est qu'un rêve...
La réalité est beaucoup plus belle : l'esclave est devenue reine et de son mariage réussi avec le contratador João Fernandes da Silva sont nés treize enfants. De son lit, elle aperçoit le haut du mât du bateau à voile que son mari lui a offert. Elle, qui n'a jamais vu la mer possède aujourd'hui un lac et un navire pouvant contenir jusqu'à dix personnes. Interdite de fréquenter les églises catholiques, elle possède sa propre chapelle et s'y rendra toute à l'heure, entourée de ses douze mulâtres, vêtue somptueusement et couverte de diamants. Elle posera sur son crâne rasé une de ses nombreuses perruques aux couleurs chatoyantes. Riche et puissante, Chica da Silva se sait crainte, certains la disent cruelle... L'élite blanche qui l'entoure ne l'accepte pas et malgré son extraordinaire ascension sociale et son énorme richesse, elle reste victime de discrimination raciale.
Sa beauté bien particulière et son grand appétit sexuel ont séduit João Fernandes. Il l'avait acheté à Antônio Caetano de Sá, l'avait affranchie et en avait fait sa femme. En père responsable et aimant João Fernandes avait reconnu ses enfants et sa fortune leur reviendrait un jour. Son contrat d'exploitation des mines de diamants avec le royaume portugais, à qui il en versait une partie, avait fait de lui un homme richissime. Certaines mauvaises langues disaient que João Fernandes était plus riche que Dom José I lui-même... Oui, depuis 16 ans Chica vit heureuse.
Perdue dans ses pensées Chica ne sait pas que bientôt son bateau serait détruit sous l'ordre, venu du Portugal, du Marquis de Pombal, premier ministre du roi. Que bientôt João Fernandes devra partir régler la succession de son père et qu'il ne reviendra pas. Qu'il mourra à Lisbonne en 1779. Qu'il emmènera avec lui quatre de ses fils et que ceux-ci recevront des titres de noblesse da la couronne portugaise. Que ses intérêts seront protégés par les propriétés que lui laissera João Fernandes. Que l'éducation de ses filles se fera au couvent de Maraúbas, le meilleur de Minas Gerais, d'où elles sortiront pour se marier. Qu'elle mourra en 1796 et sera enterrée dans l'église de São Francisco de Assis, privilège réservé aux blancs riches et qu'elle aura eu ainsi raison de l'hyprocrisie de la société de l'époque.

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Eglise Nossa Senhora do Carmo

Commentaires

Merci pour cette histoire magnifique, une superbe leçon d'histoire ! ;)

Ecrit par : kfigaro | jeudi, 08 juin 2006

très chouette note avec celle du dessu. je'espère que tu vas bien, bises de samedi

Ecrit par : if6 | samedi, 10 juin 2006

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