jeudi, 08 juin 2006
Chica, le mythe -2

Dans la société brésilienne d'aujourd'hui Chica da Silva est devenue un mythe dont le point de départ fut, au XIXè siècle, Memórias do Distrito Diamantino de Joaquim Felício dos Santos. En 1976, Carlos (Cacá) Diegues s'est servi de ce mythe pour réaliser un film contestataire pendant la dictature militaire, Xica da Silva. Les lettres Ch de Chica devinrent X et il fit le portrait d'une esclave noire qui veut être libre et devenir l'égale des blancs.
Xica da Silva est aussi le titre d'une telenovela produite par Rede Manchete et diffusée à la télévision brésilienne entre septembre 1996 et août 1997. Ecrite par Walcyr Carrasco, elle fut diffusée sur TVI (Portugal) en 1997 et rediffusée en 2005
par la SIC (Portugal).
Voici également quelques vers que Cecília Meireles lui consacre dans son Romanceiro da Inconfidência :
Contemplai, branquinhas [Contemplez, petites blanches]
na sua varanda [sur sa terrasse]
a Chica da Silva, [Chica da Silva]
a Chica-que-manda [la Chica-qui-commande]
Jorge Ben la mettra en chanson, écoutez
la version de Gilberto Gil et Milton Nascimento
Chica comme d'autres affranchies de l'époque aima et eut des enfants, les éduqua, eut le désir de changer de condition sociale afin de diminuer la marque que sa condition de métis imposait à elle-même et à ses descendants. Citons pour finir deux autres figures du Brésil, Machado de Assis qui accéda à une élite intellectuelle et Pelé qui est le premier homme de couleur à s'être imposé dans le football professionnel brésilien et également le premier à accéder à un poste de ministre.
Xica da Silva est aussi le titre d'une telenovela produite par Rede Manchete et diffusée à la télévision brésilienne entre septembre 1996 et août 1997. Ecrite par Walcyr Carrasco, elle fut diffusée sur TVI (Portugal) en 1997 et rediffusée en 2005
par la SIC (Portugal).
Voici également quelques vers que Cecília Meireles lui consacre dans son Romanceiro da Inconfidência :
Contemplai, branquinhas [Contemplez, petites blanches]
na sua varanda [sur sa terrasse]
a Chica da Silva, [Chica da Silva]
a Chica-que-manda [la Chica-qui-commande]
Jorge Ben la mettra en chanson, écoutez
la version de Gilberto Gil et Milton Nascimento
Chica comme d'autres affranchies de l'époque aima et eut des enfants, les éduqua, eut le désir de changer de condition sociale afin de diminuer la marque que sa condition de métis imposait à elle-même et à ses descendants. Citons pour finir deux autres figures du Brésil, Machado de Assis qui accéda à une élite intellectuelle et Pelé qui est le premier homme de couleur à s'être imposé dans le football professionnel brésilien et également le premier à accéder à un poste de ministre.
00:35 Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note | Tags : Brésil









Commentaires
Chaque peuple a ses figures historiques. Nul doute que le brésil s'en souviendra souvent de celle ci.
Ecrit par : Osmany | jeudi, 08 juin 2006
Merci pour l'extrait musical (extrait de "Gil & Milton" I presume ? - un bel album soit dit en passant), j'aime beaucoup cette idée de métissage, c'est aussi pour cette raison que je m'intéresse plus à l'Amérique latine qu'à l'Amérique du Nord (plus puritaine donc moins métissée et à mon sens moins séduisante) ;)
Ecrit par : kfigaro | jeudi, 08 juin 2006
Je lance un appel : si le lyonnais à qui j'ai donné des cours de portugais et prêté la cassette de Xica da Silva lit cette note qu'il sache que j'aimerais beaucoup la récupérer!!! Et peu importe si ça fait longtemps!!! On le sait jamais, parfois le hasard fait bien les choses... :-((((
Ecrit par : kaypie | jeudi, 08 juin 2006
Je ne te remercierai jamais assez pour ton érudition exceptionnelle en ce qui concerne l'histoire du Brésil... j'apprend toujours énormément en venant ici :)
A propos des Quilombos (je ne savais exactement qui ils étaient) justement, tu connais la "Missa dos Quilombos" de Nascimento ? j'adore ce disque... c'est vraiment très original : une sorte de messe à mis chemin entre catholicisme et traditions afro-brésiliennes (le Vatican a condamné l'album à l'époque je crois)
Ecrit par : kfigaro | jeudi, 08 juin 2006
Merci K mais pour l'érudition non seulement je ne sais malheureusement pas tout sur le Brésil et j'en apprends encore mais de plus ça fait partie aussi de mon métier et je trouve beaucoup plus fort que moi en musique brésilienne et tu m'apportes également bcp! Je démontre! Je connais très mal M. Nascimento, parceque le vent ne m'a pas porté vers le lui (je l'ai vu tt d meme en concert avec G Gil mais il ne m'avait pas convaincu...), ds Missa dos Quilombos les rites de la messe et les prières (le Notre Père...) ont été détournés pour dénoncer les massacres de noirs, l'esclavage et présente Zumbi comme le nouveau Moises. Ce fut un spectacle sous forme de messe présenté pour la première fois en 81 à Recife... A noter qu'un des auteurs des textes est Pedro Casaldáliga, poète et évêque, Milton a écrit la musique...
Ecrit par : kaypie | jeudi, 08 juin 2006
ben merci mais tu me surestimes car je ne le savais pas du tout l'histoire de la "Missa dos Quilombos" !! et puis comme les textes des livrets sont en général soit en portugais (à part 3 ou 4 mots, je ne connais pas cette langue), soit en anglais (langue que je connais un peu mieux mais pas à fond, et de loin), j'ai toujours tendance à les zapper ou à ne les comprendre qu'à moitié !! merci donc ;)
Ecrit par : kfigaro | jeudi, 08 juin 2006
Beau et terrible destin à la fois. C'est souvent des femmes qui deviennent des légendes dans l'Histoire de inégalités. Il faut dire qu'elles en souffrent plus que quiconque. Comme chantait Lennon, le femme est le nègre de l'univers. Alors les femmes qui ne sont pas blanches ont un si terrifiant destin.
Et cette télénovela, c'était bien. Le peu que je connais du genre, c'est assez lamentable. Pas assez bon pour rendre hommage à cette dame
Ecrit par : TT | samedi, 10 juin 2006
Salut TT terrible pas tant que ça finalement, puisque elle a été maîtresse de sa vie, plus terrible est quand on la subit, non? Je lui trouve plutôt extraordinaire destin... Dans le cadre de l'esclavage je ne crois pas que ce soit plus les femmes qui aient subi, bien au contraire. Maintenant il vrai que, dans un cadre plus général dans le monde, les femmes sont enfermées, battues, violées, voilées, etc... et peu importe la couleur de peau. La femme métissée au Brésil aujourd'hui vit normalement je te rassure!!
Je n'ai pas vu la telenovela, donc je ne sais pas mais ce phénomène est très important et au le Brésil fait des telenovolas de qualité, j'ai eu l'occasion de visiter les studios de la Globo (à côté de Rio) et c'est très impressionnant!
Ecrit par : kaypie | samedi, 10 juin 2006
Tu as raison, pas si terrible que ça.
POur les femmes, je ne parlais pas de l'esclavage mais en général. D'accord avec toi.
Pour les télénovelas, je ne connais que les hispanophones et honnnêtement, c'est duraille. Je ne pense pas que les brésiliennes soient si top.
Pas brillant tes Français ce soir. Heureusement qu'il y a les Portugais. Je vis dans un quartier portugais et je suis au courant des résultats par les klaxons. J'adooooooooooore le klaxon
Ecrit par : TT | mercredi, 14 juin 2006
D'abord ce ne sont pas mes français et je ne les soutiens pas, je pense m'être expliquée ds un com, par contre les portugais n'ont pas été trop mal, mais je compatis pour les Klaxons, je ne les aime pas, je préfère les victoires discrètes! Très intéressant ton quartier est-ce que ça signifie que tu as des épiceries, restos portugais?
Ecrit par : kaypie | mercredi, 14 juin 2006
Salut Kaypie,
Très intéressants tes deux posts sur Chica da Silva.
Au Brésil, même si le personnage est connu, c'est quelqu'un de qui on ne parle pas beaucoup en fait, même après le succès du film (excellent) de Diegues et la novela (que j'ai pas regardé).
C'est plutôt Zumbi, le grand héros du mouvement noir au Brésil.
A Rio, sur l'Avenue du Président Vargas, il y a un énorme monument en son hommage. Et depuis 5 ans à peu près, on a crée un jour férié Zumbi dos Palmares.
Tu connais le bouquin de Gilberto Freire appelé "Casa-Grande e Senzala"? En France il s'appelle "Maîtres et Esclaves" (Gallimard). C'est un grand classique brésilien, l'une des oeuvres les plus importantes du XXème siècle. C'est un livre difficile à classer, entre littérature, histoire, philosophie et sociologie. Il parle de la génèse de la société brésilienne.
TT, même si toutes les novelas brésiliennes ne sont pas bonnes, beaucoup sont d'une grande qualité. De grands acteurs du cinéma et du théâtre jouent souvent dans des feuilletons. Si le genre a ses défauts (ce n'est pas du cinéma), on ne pourrait jamais comparer les feuilletons brésiliens aux telenovelas mexicaines. Exactement comme le foot et la musique, la novela au Brésil dépasse le cadre du pur divertissement. Même si elle sert aussi à ça, bien sûr.
Les novelas, c'est un sujet inépuisable, et mérite peut-être une discussion à part.
A plus,
Ecrit par : vagner | jeudi, 15 juin 2006
Salut Vagner, oui je connais le livre de Gilberto Freyre, il explique la société brésilienne actuelle par la domination de l'homme blanc sur l'indien et l'homme noir pendant la période coloniale. Super bouquin.
Pour la telenovela, je suis complètement d'accord avec toi j'avais redigé un article pour une revue il y a 4 ans et je le ressors pour que TT (voir nouvelle note). La telenovela brésilienne est vraiment de qualité et dépasse largement par ses thèmes "les feux de l'amour" qu'on continue à diffuser en France et que je qualifierais de "daube". Des livres d'auteurs comme Jorge Amado sont mise-en scène- ds les telenovelas brésiliennes et relèvent le niveau, mais bon il faut lire la nouvelle note, à bientôt j'espère!
PS : Sacré pays le Brésil, il y a tant de choses à dire...
Ecrit par : kaypie | vendredi, 16 juin 2006
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